Le chimpanzé commun

Le chimpanzé commun (Pan troglodytes) est le plus proche parent de l’Homme : 98% de ses gènes sont identiques aux nôtres. Capable de concevoir et d’utiliser des outils, il fait partie des espèces animales les plus intelligentes peuplant notre planète. L’espèce est pourtant classée « en danger » (EN) par l’UICN : alors que ses effectifs s’élevaient à près de 2 millions au début du XXème siècle, ils ont diminué jusqu’à atteindre, aujourd’hui, 150 000.

Description

Le chimpanzé commun fait partie des « grands singes », famille de primates dont fait partie l’Homo Sapiens. A l’état sauvage, les mâles peuvent mesurer jusqu’à 1,7 mètre pour 34 à 70 kg, alors que les femelles ne dépassent pas 1,3 mètre pour 26 à 50 kg. Le poids peut cependant être légèrement plus important en captivité.

A l’exception de la face, des oreilles, des pieds et des doigts de la main, la peau du chimpanzé commun est recouverte d’un poil noir relativement clairsemé. Au niveau de l’arrière-train, une petite touffe de poils blancs est visible durant les premières années, mais elle disparaît avec l’âge. De même, en vieillissant, le visage initialement rosé devient plus sombre, du brun au noir. Le front et le sommet du crâne se dégarnissent et le poil a tendance à grisonner, notamment dans le dos et autour du visage.

Lorsqu’ils se déplacent à quatre pattes, les chimpanzés présentent une démarche chaloupée. Celle-ci s’explique par le fait que leurs bras sont nettement plus longs que leurs jambes : leur envergure est environ 1,5 fois supérieure à la taille du corps. Leurs mains et doigts sont par ailleurs particulièrement longs et leurs pouces sont opposables : cela leur permet de saisir facilement les objets et d’évoluer facilement dans les arbres.
Comme l’Homo Sapiens, le chimpanzé possède 32 dents. Son cerveau est en revanche quatre fois moins développé que celui de l’Homme : son volume oscille entre 360 et 380 cm3.

 

Menaces qui pèsent sur Pan troglodytes

Au début du XXème siècle, on estime que 2 millions de chimpanzés communs peuplaient les forêts équatoriales africaines. Les effectifs ont ensuite été divisés par deux en soixante ans, puis ont atteint 300 000 en 1980. Un recensement datant d’une quinzaine d’années avance une population totale de 150 000 adultes.

Le chasse et le braconnage

L’augmentation du trafic d’armes en Afrique au cours des dernières décennies a largement facilité le braconnage des chimpanzés, espèce pourtant protégée : les armes à feu sont aujourd’hui les outils de prédilection des chasseurs, très loin devant les lances, harpons et autres pièges traditionnels. Ce phénomène a fait de la chasse la principale menace pesant sur Pan troglodytes.
Plus grands et imposants que la plupart des autres primates, bruyants, évoluant souvent au sol ou à une faible hauteur, les chimpanzés sont des proies faciles pour les chasseurs. Abattus pour la consommation locale de viande, les adultes sont des cibles privilégiées. Lorsqu’ils laissent des orphelins, ces derniers sont récupérés et vendus en qualité d’animal de compagnie.
Dans les zones agricoles, les chimpanzés peuvent souffrir d’une mauvaise réputation : dans de rares cas, ils ravagent les cultures ou s’attaquent aux enfants, allant jusqu’à les tuer. Les fermiers peuvent donc eux aussi abattre des adultes et vendre leur viande sur les marchés ou, tout aussi fréquemment, la transformer en nourriture pour chiens.
Par ailleurs, les entreprises d’exploitation du bois constituent un problème d’autant plus important qu’il est double : non seulement elles ont un impact direct sur la déforestation, mais les ouvriers sont aussi souvent armés et, forts d’un accès direct à la forêt, partent chasser après leur journée de travail.

Déforestation

republique democratique congo deforestation

Activités minières, agriculture et commerce de bois sont des moteurs économiques importants pour les pays d’Afrique équatoriale. La construction d’infrastructures routières pose également problème : ces dernières permettent l’accès et l’exploitation de zones de forêt jusqu’alors préservées. En Afrique de l’ouest, le phénomène est particulièrement marqué : les forêts vierges sont de plus en plus rares et, en conséquence, les populations de chimpanzés sont très fragmentées. Le Libéria, la Sierra Leone, la Guinée et la Guinée-Bissau, territoires du chimpanzé d’Afrique occidentale, font par exemple partie des 10 pays au taux de déforestation le plus élevé du monde en 2014.
La croissance démographique de plusieurs pays d’Afrique est également une importante source de préoccupations : elle implique notamment le développement de l’agriculture et de l’urbanisation dans les prochaines décennies, ce qui ne peut que favoriser la déforestation.

La transmission de maladies : le virus Ebola

Les chimpanzés sont étudiés depuis plusieurs décennies, ce qui a créé une forme d’accoutumance : dans plusieurs régions d’Afrique, ces primates sont habitués à l’Homme et réagissent avec curiosité et confiance relative à sa présence. Cette proximité, couplée à la déforestation et à la croissance démographique, phénomènes qui augmente la fréquence des contacts entre humains et singes, a permis la transmission de diverses maladies. Tuberculose, pneumonies et fièvre Ebola en font partie.
Depuis 1990, on estime qu’un tiers des chimpanzés et des gorilles du monde sont morts suite à une infection du virus Ebola, syndrome causant une fièvre hémorragique. Cette maladie peut atteindre un taux de mortalité de 77% chez Pan troglodytes. Fin 2002, l’épidémie Ebola qu’a connu la République Démocratique du Congo coïncide avec une importante mortalité des grands singes de la région. L’Odzala National Park, un site connu pour abriter la plus grande densité de grands singes d’Afrique, a été à de nombreuses reprises touché par le virus. Les populations de chimpanzé central ont été particulièrement affectées par la maladie.

chimpanze qui se tient le pied

Laboratoires et études expérimentales

Depuis le début du XXème siècle, la recherche médicale s’est beaucoup appuyée sur la ressemblance entre chimpanzés et humains pour progresser. Rendus orphelins par des chasseurs puis vendus à des laboratoires, les premiers bébés chimpanzés sont arrivés aux Etats-Unis au début des années 1920. Ce commerce s’est ensuite amplifié. Nombreux sont ceux qui mourraient lors du voyage et, une fois arrivés à destination, les survivants étaient soumis à des expérimentations : l’objectif des scientifiques était d’analyser les réponses des chimpanzés confrontés aux irradiations, à la schizophrénie, à l’isolement, aux traumatismes crâniens… On leur retirait une partie du cerveau, les soumettait à des hautes doses d’insecticides, d’alcool ou de médicaments, les infectait par des maladies comme la malaria ou le typhus, les attachait dans des véhicules de crash test… Des transplantations d’organes à des humains ont également été tentées, toujours en vain.
Cette utilisation du chimpanzé commun a peu à peu évolué, notamment sous la pression du public. En France et en Europe d’une manière générale, plus aucun de ces primates n’est retenu captif dans les laboratoires. Aux Etats-Unis, plus grand utilisateur de grands singes pour la recherche, l’idée fait son chemin. Aujourd’hui, un millier de chimpanzés sont toujours retenus à des fins scientifiques, mais cette pratique devrait avoir disparu autour de 2020.

Cercopithèque à queue de soleil

Le Cercopithèque à queue de soleil (Allochrocebus solatus) est un primate appartenant à la sous-famille des Cercopithecinae et à la super-espèce des lhoesti (regroupant C. lhoesti en République démocratique du Congo et C. preussi au Cameroun). Il est endémique du Gabon et n’a été découvert que récemment en 1984 par Mike Harrison1. Du fait de son comportement discret et de son aspect cryptique, il est difficile de l’observer en milieu naturel et reste par conséquent peu connu. Il est localisé essentiellement au centre du Gabon, notamment dans la forêt des Abeilles. 

Le colobe noir

Le Colobe noir est un nom vernaculaire ambigu en français, pouvant désigner deux espèces différentes de primates de la famille des Cercopithecidae. Ces deux colobes étaient auparavant regroupés dans une seule espèce Colobus polykomos :

Le faux gavial d’Afrique

Le faux gavial d’Afrique (Mecistops cataphractus), également appelé crocodile à nuque cuirassée, est l’un des crocodiles les moins connus du monde. Jusqu’en 2014, l’UICN ne pouvait se prononcer sur la santé de l’espèce et la classait dans la catégorie « Manque de données » (Data Defficient). Elle est désormais classée en danger critique d’extinction (CR).

Description

Le faux gavial d’Afrique est un crocodile de taille moyenne : bien qu’un individu atteignant 4,2 mètres pour 325 kg ait déjà été enregistré, la plupart des adultes mesurent environ 2,5 mètres et leur poids avoisine 200 kg. Redoutable nageur, il possède un museau effilé particulièrement adapté à la vitesse sous l’eau ; cette caractéristique lui permet de capturer en eaux vives les poissons ou encore de fouiller entre les racines des arbres à la recherche de proies. En effet, bien qu’essentiellement piscivore, Mecistops cataphractus n’hésite pas à chasser crabes et grenouilles, mais aussi de plus grosses proies comme des serpents aquatiques, des tortues et même des oiseaux ou de petits mammifères.

La peau du faux gavial d’Afrique va du brun au jaune et est parsemée de grandes taches noires, notamment le long de l’arête dorsale. Au niveau de la tête, la peau prend une teinte olive et les tâches tirent davantage sur le brun. Enfin, son dos est protégé par d’épaisses écailles, caractéristique qui se trouve à l’origine de son nom scientifique : « cataphractus » vient du grec « kataphraktos » et signifie « recouvert par une armure ».

Mecistops cataphractus

 

Le lycaon ou chien sauvage d’Afrique

Le lycaon ou chien sauvage d’Afrique est un mammifère carnivore mesurant environ 70 cm au garrot pour un poids allant de 20 à 30 kg. Sa longueur varie de 60 à 100 cm, ce à quoi il faut ajouter une queue d’une trentaine de centimètres. En général, son pelage est majoritairement brun ou jaune et est parsemé de taches noires, blanches, rousses ; de cette caractéristique provient le surnom de l’animal, « loup peint », et son nom scientifique, Lycaon pictus. Ces « peintures » permettent par ailleurs de distinguer chaque individu, à la manière d’empreintes digitales chez l’Homme ou des rayures des zèbres. Il se pourrait même qu’elles leur permettent de se reconnaître entre eux.

Cette espèce se distingue des autres canidés par le fait qu’elle ne possède que 4 doigts à chaque patte, alors que les autres membres de sa famille en comptent 5 aux pattes postérieures. Ses pattes sont longues et son corps est fin et musclé, taillé pour les longues courses ; lorsqu’il est en chasse, un lycaon peut courir à une vitesse maximale de 50 km/h sur plusieurs kilomètres. La traque débute par une approche discrète de la proie, généralement une antilope pesant une cinquantaine de kilogrammes (springboks, gazelles de Thomson, impalas, zèbres…), puis la meute entame une poursuite qui dure parfois plus d’une heure. Des rapports indiquent également que le lycaon est capable de traquer des proies beaucoup plus imposantes comme des buffles africains (Syncerus caffer).

La baleine bleue

La baleine bleue (Balaenoptera musculus), aussi appelée rorqual bleu, est le plus gros animal de la planète. Alors que 250 000 spécimens nageaient dans les eaux du globe au début du XXème siècle, la pêche à la baleine a pratiquement mené l’espèce à l’extinction dès les années 1960. Selon l’UICN, l’espèce est aujourd’hui « en danger » d’extinction.

Description de la baleine bleue

D’après les connaissances actuelles, la baleine bleue est le plus gros animal ayant jamais vécu sur la planète Terre : le poids moyen d’un adulte est d’environ 170 tonnes, soit près de 30 fois celui d’un éléphant d’Afrique et au moins deux fois celui de la plupart des Sauropodes, les plus gros dinosaures connus. Des poissons préhistoriques pourraient avoir dépassé ce poids, mais aucun fossile ne permet à ce jour de le certifier. Sa taille n’est pas moins impressionnante : un mâle mesure en moyenne 25 mètres de long, une femelle deux mètres de plus, et les plus grands spécimens dépassent 33 mètres de long. Le coeur d’un adulte pèse 600 kg et ses battements peuvent être détectés à plus de trois kilomètres. Tout aussi surprenant, les cris d’une baleine bleue atteignent 188 décibels ; à titre de comparaison, le seuil de la douleur pour l’Homme est fixé à 130 db et un avion à réaction atteint 150 db.
Malgré des dimensions dantesques, le corps de Balaenoptera musculus est long, mince et aérodynamique. Sa peau va quant à elle du gris au bleu sur le dos, avec un effet tacheté permettant d’identifier les individus. Elle prend une teinte jaune sur le ventre, ce qui est dû à l’accumulation de diatomées, des algues unicellulaires notamment présentes dans les eaux froides. Sous la peau, une couche de graisse pouvant atteindre 30 cm permet à la baleine bleue de réguler sa température corporelle ou de supporter les privations au cours des migrations annuelles.

Localisation et habitat

L’aire de répartition de la baleine bleue est particulièrement vaste : à l’exception de l’Arctique, des spécimens ont été observés dans tous les océans du globe. Depuis les eaux glacées des pôles jusqu’aux latitudes tropicales, au moins trois sous-espèces cohabitent :

  • Balaenoptera musculus musculus, dans l’Atlantique nord et le Pacifique nord ;
  • Balaenoptera musculus intermedia, dans les eaux polaires de l’Antarctique ;
  • Balaenoptera musculus brevicauda, aussi appelée « baleine bleue pygmée », dans le sud du Pacifique et l’océan Indien.

Cependant, à l’échelle régionale, Balaenoptera musculus n’est pas présent partout : aucune baleine bleue ne nage par exemple dans les mers Méditerranée, d’Okhotsk ou de Bering.
Les baleines bleues évoluent généralement en haute mer. Elles vivent seules ou en duo, mais plusieurs dizaines d’individus peuvent exceptionnellement se rassembler si la concentration de nourriture le permet. Les modèles de migration sont assez méconnus et semblent différer d’une sous-espèce à l’autre, mais les baleines bleues gagnent généralement de hautes latitudes en été avant de rejoindre les eaux tropicales en hiver. En été, elles suivent les migrations du krill, ces petits crustacés de quelques centimètres de long qui composent l’essentiel de leur régime alimentaire, et peuvent en ingurgiter 3 à 4 tonnes par jour en plongeant jusqu’à 200 mètres de profondeur. Quand vient l’automne, Balaenoptera musculus se déplace vers des eaux tempérées afin de mettre bas ; l’absence de proies la contraint alors à cesser de se nourrir et à vivre sur ses réserves constituées durant l’été. Cette migration s’explique par le cycle reproducteur de l’espèce : un baleineau ne dispose pas de suffisamment de graisse pour survivre près des pôles et doit donc être mis au monde dans des eaux plus chaudes.

Menaces qui pèsent sur le rorqual bleu

Selon le WWF, au début du XXème siècle il existait quelques 250 000 baleines bleues dans les océans du globe. Victime de la surpêche, l’espèce a ensuite frôlé l’extinction et ne compte plus que quelques milliers d’individus.

La chasse à la baleine

Si certaines gravures rupestres permettent de faire remonter à la préhistoire les origines de la chasse à la baleine, cette activité concernait jusqu’au XIXème siècle des cétacés lents comme la baleine franche de l’Atlantique Nord. Balaenoptera musculus, de par sa vitesse de croisière avoisinant 30 km/h, était quant à elle plutôt préservée… jusqu’en 1864, année durant laquelle le Norvégien Sven Foyd conçoit le canon-harpon. Bien qu’initialement peu maniable, cette invention, couplée au développement des bateaux de pêche à vapeur, permet enfin aux baleiniers de s’attaquer aux baleines bleues. D’abord cantonnée à la Norvège, la chasse s’étend à l’Islande et aux Îles Féroés, puis gagne tout le nord de l’Atlantique ; les populations se réduisant rapidement, les pêcheurs cherchent de nouvelles eaux. Finalement, au début du XXème siècle, tous les océans sont concernés. Le pic d’activité le plus important est observé en 1931 : plus de 29 000 baleines bleues sont tuées en une seule saison. Entre 1904 et 1967, au moins 360 000 baleines bleues sont exterminées dans l’hémisphère sud, 15 000 dans l’hémisphère nord. L’espèce est alors au bord de l’extinction.
La chasse à la baleine a longtemps revêtu un intérêt économique majeur. L’huile de baleine était par exemple utilisée comme combustible pour l’éclairage public jusqu’à l’arrivée du gaz de ville, puis de l’électricité. Elle entrait également dans le processus de fabrication de la margarine et du savon. Extraite à partir du lard, cette huile animale a fait de Balaenoptera musculus une cible de choix : de par son importante quantité de graisse, un spécimen de 26 mètres permettait de produire 27 tonnes d’huile.

Autres menaces

Depuis l’interdiction de la pêche à la baleine bleue, dans les années 1960, les collisions avec les navires semblent être le premier facteur de mortalité de Balaenoptera musculus. Ce phénomène est très difficile à quantifier : certains cargos sont si gros que le choc est imperceptible pour les marins, mais il peut tuer le cétacé sur le coup. Les captures accidentelles sont également responsables de nombreuses blessures et, là encore, les statistiques sont peu fiables : les baleines peuvent arracher les filets et mourir hors de portée de tout observateur. La pollution sonore est également évoquée, notamment dans les zones à fort trafic maritime.
La pollution des océans, à cause de laquelle les baleines ingurgitent par exemple des particules microscopiques de plastique, ou le réchauffement climatique, qui pourrait influencer les migrations ou l’abondance du krill, menacent également l’espèce.
Une fois écartées la pêche à la baleine et les activités anthropiques, aucune menace ne pèse sur la baleine bleue adulte. Ce cétacé aux dimensions exceptionnelles ne souffre d’aucun prédateur naturel. Toutefois, les baleineaux peuvent être la proie des orques.

Le mérou goliath

Le mérou goliath, de son nom scientifique Epinephelus itajara, est l’un des plus gros poissons du monde. Super prédateur lent et massif, il était encore très répandu au début des années 1970. Notamment victime de la pêche de loisir, ses effectifs ont ensuite diminué de 80% en l’espace de trois générations, ce qui a amené l’UICN à le classer « en danger critique d’extinction ».

 Description du mérou goliath

 Un mérou goliath adulte affiche une taille moyenne de 2 mètres pour 225 kg, tandis que les plus gros spécimens dépassent 250 cm pour 320 kg. Son corps est particulièrement imposant : en termes de proportion, sa largeur peut atteindre la moitié de sa longueur, notamment lorsqu’il dépasse l’âge de 20 ans. Il approche alors de sa taille définitive, mais son poids peut continuer à augmenter durant plusieurs années.

La peau des mérous goliath est épaisse et varie habituellement du gris au jaune foncé, avec de petites taches sombres sur le corps et la tête. Cette dernière est par ailleurs très large et dotée de petits yeux. Capable d’accélérations puissantes, Epinephelus itajara est un super prédateur à la mâchoire immense : il lui suffit de l’ouvrir pour créer une dépression et, ainsi, aspirer ses proies. Celles-ci sont alors retenues par de multiples rangées de petites dents puis, la plupart du temps, sont avalées entières, qu’il s’agisse de petits crustacés, d’octopodes (pieuvres), de langoustes, de jeunes tortues de mer ou même, parfois, de petits requins.

 Localisation et habitat

océan atlantique mérou goliath

 

Le mérou goliath se trouve uniquement dans les eaux tropicales et subtropicales de l’océan Atlantique. Son aire de répartition historique est très grande : dans l’ouest de l’Atlantique, elle s’étend de la Floride au sud du Brésil, incluant ainsi le Golfe du Mexique et la mer des Caraïbes, tandis qu’elle s’étale du Sénégal au Gabon sur la côte africaine. Il a récemment été déterminé que les spécimens répertoriés dans le Pacifique, du Mexique au Pérou, appartenaient à une espèce distincte : Epinephelus quinquefasciatus.
Au fil de son existence, le mérou goliath évolue dans différents environnements. Les larves voient le jour au large et dérivent au gré des courant jusqu’aux côtes. La croissance se poursuit dans des mangroves et des estuaires n’excédant pas 5 mètres de profondeur, puis les juvéniles deviennent sexuellement matures. Ces jeunes adultes migrent alors vers des récifs coralliens, généralement entre 35 et 50 mètres de profondeur, et recherchent des zones rocheuses, des grottes ou des épaves.
Une fois adulte, Epinephelus itajara ne craint pratiquement aucun prédateur : dans les récifs coralliens, il est au sommet de la chaîne alimentaire. Il peut cependant à l’occasion être victime d’attaques du grand requin marteau.

 Menaces qui pèsent sur Epinephelus itajara 

 Bien que son déclin débute probablement dès la première moitié du XXème siècle, le mérou goliath est encore un poisson commun jusqu’aux années 1970. A partir de cette période, deux décennies suffiront à voir ses effectifs s’effondrer.

 Surpêche

 Entre 1970 et 1990, la pêche cause d’importants dommages aux populations de mérous goliath. Durant cette période, ces poissons sont abondants et leurs effectifs semblent sans limite ; aucune restriction n’existe. La pêche de loisir, d’abord pratiquée au harpon puis à la ligne, est alors à son apogée dans le Golfe du Mexique. En 1970, sur le littoral de la célèbre Palm Beach (Floride), il suffit de plonger à une trentaine de mètres de profondeur pour découvrir des centaines de mérous goliath tapissant les fonds marins. La pêche commerciale, quant à elle, n’a initialement qu’un impact modéré sur les populations car Epinephelus itajara n’attire que peu de convoitises : à l’exception de la Floride, où il est considéré comme un plat local, peu de régions du monde en sont friandes. Ainsi, le plus souvent, il n’est qu’accidentellement pris dans les filets ou victime de la pêche au chalut. Même les trophées emportés lors de la pêche de loisir ne sont pas consommés par l’Homme ; il est alors plus commun de transformer la chair en nourriture pour chien ou pour chat.

Toutefois, à partir des années 1980, l’intérêt pour ce poisson évolue. Sa chair commence à s’exporter, sa valeur augmente. Au Brésil, elle est bientôt considérée comme un mets de grande qualité. Parallèlement, le mérou goliath véhicule l’image d’un prédateur important : il concurrence les pêcheurs, ce qui encourage ces derniers à limiter leur nombre. D’année en année, les effectifs diminuent. En 1990, on estime que 90 % à 95 % des effectifs de l’espèce ont disparu de Floride. Ce cas n’est par ailleurs pas isolé : Epinephelus itajara a également probablement disparu des côtes africaines et est devenu très rare sur les côtes brésiliennes.
Imposant et peu rapide, montrant une faible méfiance à l’égard des humains et une certaine fidélité à son site de frai (lieu de ponte), se regroupant par dizaines lors de la reproduction, le mérou goliath est une proie facile pour les pêcheurs. Ces caractéristiques, couplées à une croissance lente et une maturité sexuelle tardive, font du mérou goliath une espèce particulièrement vulnérable à la surpêche.

Dégradation de son habitat

Epinephelus itajara est aussi confronté à d’autres menaces, à commencer par la dégradation ou disparition de son habitat. Les mangroves, milieux dans lesquels le mérou goliath évolue jusqu’à 4 ou 5 ans, se réduisent en effet d’année en année : urbanisation, aquaculture, campagnes d’éliminations de moustiques… Autant d’activités anthropiques entraînant la disparition de ce milieu indispensable au mérou goliath.
La présence de polluants pose également problème ; de la surface des océans à 100 mètres de profondeur, le taux de mercure a par exemple triplé depuis le début de la révolution industrielle. Le phénomène est très marqué dans l’Atlantique Nord, probablement du fait de la pollution conjointe de l’Amérique du Nord et de l’Europe. Ces concentrations élevées se retrouvent dans les organismes vivants, ce qui se traduit notamment par des perturbations neurologiques, une réduction du taux de succès des reproductions et une limitation de la croissance. Le mérou goliath, qui évolue durant plusieurs années dans une même zone géographique, peut y être durablement exposé.
Enfin, parmi les nombreuses menaces pesant sur Epinephelus itajara, il est possible de citer les marées rouges frappant périodiquement le Golfe du Mexique, 1971 et 2003 étant les épisodes les plus marquants, ou encore les activités pétrolières perturbant la faune marine.

 

Le vautour à tête blanche

Le vautour à tête blanche est l’un des quatre vautours africains classés en danger critique d’extinction par l’Union Internationale pour la conservation de la nature. Les trois autres sont le vautour charognard, le vautour africain et le vautour de Rüppell. La triste particularité du vautour à tête blanche est la rapidité de son déclin. Il n’y a pas si longtemps, en 2007, le monde scientifique le considérait encore seulement comme vulnérable. Ce n’est que récemment, en 2015, que le monde s’est rendu compte du danger qu’encourait Trigonoceps occipitalis.

Présentation du vautour à tête blanche

Description physique

Trigonoceps occipitalis est un vautour de taille moyenne pesant 4 à 5 kg. Ailes dépliées, son envergure est de 2 à 2,3 mètres, à peu près équivalente au vautour africain (Gyps africanus) ce qui est relativement petit comparé aux vautours européens par exemple. La femelle est légèrement plus lourde et grande que le mâle mais on ne peut pas parler réellement de dimorphisme sexuel à ce niveau-là.

On identifie facilement le vautour à tête blanche grâce à sa tête justement. De couleur rose sur les côtés et blanche sur le dessus, la tête de ce vautour s’achève par un bec crochu facilement reconnaissable, rouge-orange. Le reste de son corps est recouvert de plumes de couleurs brunes à l’exception de la gorge et des cuisses qui sont blanches.

Régime alimentaire

repas vautour à tete blanche

Comme tous les vautours, Trigonoceps occipitalis est un oiseau charognard. Il se nourrit donc des restes de proies tuées par un autre prédateur. S’ils sont souvent les premiers sur les lieux, parce qu’ils volent à faible altitude, ils se font vite chasser par les autres vautours notamment les vautours oricou, Torgos tracheliotos, beaucoup plus dominants. Bien que les charognes constituent la majorité de son régime alimentaire, le vautour à tête blanche ingère également des œufs, des insectes, et des petits mammifères.