Soutenue entre 1990 et 1999

Thèse de doctorat : Le juge gabonais face à la coutume

par Afriquita AGONDJO sous la direction de Gérard CONAC – Paris 1

Droit privé

 Soutenue en 1998

Résumé

Le Gabon est à l’heure actuelle tiraillé entre deux mondes aux valeurs profondément antinomiques : le monde traditionnel, pétri de sacralité et le monde moderne matérialiste. Cette dualité se retrouve naturellement en matière de justice : la justice de « type occidental » et la justice informelle, reflétant le vécu quotidien des gabonais, coexistent en s’opposant. Ce qui explique que le juge se trouve dans une situation bien inconfortable. Doit-il rendre une justice à l’image de la loi ou à l’image des sociétés gabonaises ? À l’heure où l’on parle tant d’acculturation, de sous-développement, de crise du système judiciaire mais où l’on assiste également à la revendication d’un état de droit au Gabon, la reconnaissance des droits coutumiers ne relève pas de délectation passéiste. Au contraire, la prise en compte de ses principes généraux peut déboucher sur l’élaboration d’un droit moderne authentiquement gabonais ayant enfin une chance d’être compris, reconnu et respecte, un droit unique et original qui respecte les valeurs culturelles tout en les transcendant pour tenir compte d’une évolution inéluctable. Les juges peuvent être les maitres de demain. Il leur faudra toute la sagesse de leurs ancêtres pour ne pas devenir des adeptes. Mais la solution aux problèmes pour l’élaboration d’un droit nouveau peut aussi se trouver au-delà des frontières, dans les autres pays africains. Cela ne doit pas surprendre s’il est vrai que le droit révèle, au-delà des concepts et des techniques, une certaine manière d’envisager le monde, les rapports sociaux, la justice.